Introduction.
Ces eaux sont constituées de 96,5% d'eau pure
H2O et de 3,5% d'autres
substances :
Les propriétés physiques sont principalement dues
à l'eau pure.
Par ailleurs, les océans sont stratifiés,
c'est-à-dire constitués de couches horizontales
successives de caractéristiques différentes.
Nota : le rapport D/H (D étant
l'hydrogène "lourd" ou deutérium) de l'eau des
océans de la Terre est de 1,55 10-4 . La valeur du
rapport D/H terrestre étant comprise dans la gamme des
rapports D/H des astéroïdes situés entre Mars et
Jupiter, leau des océans sur Terre pourrait ainsi
provenir préférentiellement des astéroïdes
et de certaines comètes. Ces résultats importants ont
été publiés en 2014 dans la revue Science
Express.
Valeurs des rapports deutérium/hydrogène (D/H) dans
différents objets du Système solaire, regroupés
par couleur avec les planètes et satellites (bleu), les
chondrites de la ceinture dastéroïdes (gris), les
comètes originaires du nuage de Oort (violet) et les
comètes joviennes (rose). © B. Marty,
Esa, Altwegg et al.
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La salinité totale [S]
est la
caractéristique essentielle de l'eau de mer.
La salinité mesure la concentration en sels dissous ; elle
sexprime le plus souvent en mg/L ou g/L (ou
encore en ppm chez les Anglo-Saxons). On notera que cette
dernière unité nest pas strictement
équivalente puisquelle exprime des mg/kg.
Les océans contiennent, en moyenne, 34,7 grammes de sel
dissous par kilogramme d'eau, soit environ 35,7 g/litre
(pour 1027,7 kg/m3 de masse volumique, soit 3,5%
environ).
Si on considère le volume total des océans à
environ 320 millions de km3, nous avons environ 47,5 millions de
milliards de tonnes de sel (47,5.1015
tonnes).
Pour les mers les écarts peuvent être importants : de 7
à 39 g/kg (la Mer Morte
étant un cas particulier)
La présence de sel dans l'eau modifie certaines
propriétés de l'eau pure (densité,
compressibilité, point de congélation et
température du maximum de densité).
D'autres, telles que la viscosité ou
l'absorption de la lumière, ne sont pas influencées de
manière significative.
Enfin certaines sont directement déterminées par la
quantité de sel dans l'eau : conductivité et pression
osmotique.
Les mécanismes qui modifient la température
[T] ou la salinité [S] de l'eau
en un lieu sont :
- le rayonnement solaire,
- l'évaporation et les précipitations (et très localement l'apport des fleuves),
- les mouvements d'eau.
Les deux premiers phénomènes n'agissent qu'a la
surface des océans, seuls les mouvements d'eau influent sur
les caractéristiques de l'eau en profondeur.
Les variations horizontales (fonction de la latitude donc
zonales) des propriétés de l'eau sont beaucoup plus
faibles que les variations verticales.
Exemple : à l'équateur, la température de
surface est de 25°C, et -1000 m elle est de 5°C.
La température
moyenne des océans est de 3,5°C.
Pour observer une variation horizontale de température équivalente T à partir de l'équateur, il faut se déplacer vers le nord, ou vers le sud de 5000 km.
Pour 75% du volume des océans :et
g/kg,
Pour 50% du volume des océans :
et
g/kg.
Les valeurs de température et de salinité qui
s'écartent le plus des moyennes sont obtenues en surface.
Quelques valeurs de salinité totale moyenne
(S) selon les mers, océans ou lacs importants :
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Propriétés
physiques.
Masse volumique.
Il en est autrement que pour l'eau douce.
La masse volumique r de
l'eau de mer dépend, de la salinité
S, de la
température t et de la
pression p.
La relation r = r
(S,T,p) est l'équation d'état de l'eau de
mer; cette relation empirique est le résultat
de nombreuses études en laboratoire.
La première équation établie en 1902 par
Knundsen et Ekman est aujourd'hui remplacée par
"l'Équation d'État Internationale (1980)" :
Variation de la masse volumique de l'eau de mer (sous la pression atmosphérique normale)
Nota : pour des salinités allant de 0
à 42, des températures allant de 2 à 40 C
et des pressions de 0.1 à 10 00 bar.
Ce n'est pas utilisables pour les mers intérieures, telles que
la mer Caspienne
ou les lacs
salés; en effet ces étendues
deau ont un contenu salin différent de celui de
leau de mer..
Densité
potentielle s
"sigma" (density
excess).
En océanographie, par commodité on choisit comme
notation :
[r
= masse volumique], et on
appelle s
, densité (ou excès de masse
volumique).
Exemple :
La comparaison des densités de deux masses d'eau n'a de
sens que si on considère ces deux masses d'eau à la
même profondeur (et donc à la même pression).
On utilise donc fréquemment la densité à la
pression atmosphérique . Cela ne signifie pas que les effets
de la pression sur la densité soient négligeables.
La densité augmente avec la profondeur, les eaux les plus
denses se trouvant naturellement au fond des océans.
L'évolution de la densité avec la profondeur n'est
toutefois pas uniforme.
Dans les régions équatoriales et tropicales, il existe
une couche d'eau près de la surface de densité presque
constante, puis une couche dans laquelle la densité croit
très rapidement avec la profondeur.
Cette couche dite pycnocline correspond en
général à la
thermocline (couche d'eau dont la température
baisse sensiblement lorsqu'on descend plus
profondément).
Aux profondeurs plus importantes la
"densité potentielle"
évolue lentement pour atteindre une valeur voisine de 27,9 au
fond des océans, quelque soit la latitude.
Aux grandes latitudes la densité de surface dépasse 27,
l'évolution verticale est donc faible et la pycnocline est
moins facile à distinguer.
La température pour la densité maximum
de leau décroît régulièrement avec
la teneur en sels dissous pour finalement égaler sa
température de solidification aux alentours dune
concentration de 24,7 g/litre.
Au delà d'une salinité de 24,7 la température du
maximum de densité est inférieure à celle du
point de congélation.
Dans les océans (en moyenne 30/35 g de sel
par litre), leau la plus dense est aussi la plus
froide.
A titre indicatif, la composition moyenne d'un litre d'eau de
mer à 35 g/l de salinité totale (de
masse vol.1028 kg/m3) :
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Autres
propriétés.
Propriétés
(suite) > Raccourcis vers les autres propriétés
:
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Résistivité (en
ohm.cm) et Conductivité électrique
(en
mS.cm-1)
de quelques eaux de mers :
(en fonction de la salinité totale
[ST] et de la
température
[°C])
Acidité/basicité.
Le mélange des sels ( donc des
électrolytes
) forme une solution
tampon* qui explique que le pH
de l'eau de mer soit constant et légèrement basique (pH
± 8,0).
Les gaz dissous comprennent principalement : 64% d'azote, 34%
d'oxygène et 1,8% (18 g/kg) de dioxyde
de carbone
CO2
(soit 60 fois la proportion de ce gaz dans l'atmosphère
terrestre).
*
une solution tampon est une solution dans
laquelle un réactif ajouté permet d\'obtenir un pH
stable, même lorsqu\'on y ajoute un acide ou une base.
Le dioxyde de carbone en constante augmentation dans
l'atmosphère et par contre-coup en constante augmentation dans
l'eau génère une baisse lente mais progressive du pH
malgré l'effet tampon (acidification des
océans).
Variations du pH d"une eau de mer en fonction du
CO2 (sans effet tampon) :
Certains auteurs pensent pourtant que l'augmentation du taux de
dioxyde de carbone (CO2) dans
l'atmosphère (les échanges de CO2 entre
l'atmosphère et les océans de surface, sont
actuellement de l'ordre de 22 millions de tonnes de CO2
absorbée par jour de manière globalisée, soit
8000 millions de tonnes de CO2 par an) se traduira par une
plus grande dissolution de ce gaz dans l'eau des océans et
donc par une baisse de leur pH, avec un risque pour la faune et la
flore.
Actuellement en 2019, la concentration globale mondiale de
CO2 dans latmosphère, serait de
411,50 parties par million en volume (ppmv), ou 47 %
supérieure à la concentration de l'ère
pré-industrielle (280 ppmv) > voir
aussi Effet de serre.
Il a été estimé que de 1751 à 2004, le pH
des eaux superficielles des océans a diminué, passant
de 8,25 à 8,14
Sur la base des prévisions du GIEC (ou IPCC en
anglais), l'augmentation actuelle du taux de
CO2 dans latmosphère devrait
encore diminuer le pH des eaux du globe de 8,14 actuellement à
7,8 d'ici la fin du siècle (et qui sera celui
des mers chaudes vers 2100 selon les études prospectives),
et "Il sagirait du pH le plus bas enregistré
depuis 300 millions dannées", affirme Eric Douville,
chercheur au LSCE.
Il me faut cependant noter que, dans ce cas les concentrations en CO2
devraient nécessairement être importantes, pour
rendre l'eau très acides, étant donné l'effet
tampon des sels dissous.
Nota : la quantité d'oxygène
dissous est variable, fonction de la température et de
la salinité, et une bonne idée des teneurs en O2
dissous est donnée par la formule de Gameson et Robertson
(pour eau salée) :
avec, S=salinité en g/l et T=température en
°C.
lien > http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1002/jctb.5010050909/citedby/
< lien sur l'acidification
des océans >
Son &
lumière.
Le son et la lumière ont des comportements très
différents, bien que tout deux ont une nature ondulatoire.
Son.
Il se propage très bien sous l'eau, l'atténuation
due à l'absorption et à la diffusion est beaucoup plus
faible que pour les ondes électromagnétiques. Les ondes
acoustiques constituent le meilleur moyen de transmission sous
l'eau.
La vitesse du son dans l'eau est, en moyenne, approximativement
égale à 1460 m.s, et à des fréquences de
30 Hz à 1500 khz (limite audible de l'homme :
20 khz).
La vitesse du son (c) peut être calculée,
à titre d'exemple, par la formule suivante (source ISTV) :
avec, c vitesse du son en m.s-1, T température
en °C, S salinité et z la profondeur en m,
(on considère que la pression est
hydrostatique).
Exemple :
Vitesse du son (c) = f(T, z), pour une salinité constante de
35 g/kg (faibles profondeurs):
La diminution de la température et l'augmentation de la pression avec la profondeur ont des effets inverses et conduisent généralement au profil caractéristique de la vitesse du son de la figure suivante avec un minimum au voisinage de 1000 m.
Lumière.
Les longueurs d'onde de la lumière visible vont de 0,4
mm (violet)
à 0,7 mm
(rouge), la correspondance entre
fréquences et couleurs est donnée approximativement
dans le tableau suivant :
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La couleur de la mer
s'étend du bleu au
vert. Le bleu indigo caractérise
les mers tropicales et équatoriales, lorsqu'il y a peu de
production biologique. A des latitudes plus grandes, la mer est
bleu-vert voir verte dans les régions polaires. Les eaux
côtières sont en général
verdâtres.
Sous l'eau, on constate que l'atténuation de la
lumière, essentiellement due à l'absorption, est
considérable :
La couleur qui est la plus réfractée par la
mer est le bleu, ce qui explique la couleur des mers et des
océans.
Comme dans tous les milieux, deux phénomènes
contribuent à l'atténuation de la lumière :
l'absorption et la diffusion.
L' absorption de la lumière dans la mer c'est
l'absorption de l'énergie des photons. L'eau pure est pour la
lumière un milieu très absorbant, en particulier pour
les infrarouges (de 780
à 106 nm, ou entre 0,78 µm à 1 000
µm).
Au second rang, du point de vue de l'absorption on trouve les
substances organiques en suspension.
Par contre, la plupart des substances composant le sel marin ont peu
d'effet sur l'absorption de la lumière dans l'eau.
Il n'y a pratiquement pas de différence entre le spectre
d'absorption d'une eau de mer très claire et celui de l'eau
distillée.
La diffusion de la lumière
est un phénomène physique que l'on rencontre lorsque
des inhomogénéités optiques du milieu provoquent
des changements aléatoires de la direction des rayons
lumineux.
Cela est dû par exemple à la présence de
particules en suspension ou de particules constituées de
molécules d'eau de densité différente du milieu
environnant.
Pour les grosses particules la diffusion est le résultat de la
réfraction, réflexion et diffraction par
de telles particules. Lorsque les dimensions des particules sont
inférieures à la longueur d'onde
considérée, comme c'est fréquemment le cas pour
l'eau de mer, l'optique géométrique ne suffit plus
à expliquer la diffusion et il faut faire appel à la
théorie des ondes électromagnétiques.
L'atténuation de la lumière sous l'eau est donc
essentiellement due à l'absorption, la diffusion ayant une
moindre importance. Cette atténuation est fonction de la
longueur d'onde et des caractéristiques physiques et chimiques
de l'eau de mer. Cette propriété optique apparente de
l'eau de mer permet de la caractériser et donne des
informations sur la densité, les concentrations des
matières en suspension et la productivité
biologique.
Nota - Rappel : > Page spéciale surl'optique
aquatique
Variation de l'indice de réfraction :
(il varie avec la longueur d'onde, la
température, la pression et la direction de propagation (la
biréfringence).
En résumé, il y a deux facteurs
contribuant à la couleur bleu de l'océan aux faibles
latitudes :
La mesure de la lumière émise par l'océan (réflexion et rétrodiffusion) à certaines longueurs d'onde donne des informations quantitatives sur la teneur en éléments organiques et autres matériaux en suspension des couches de surface. L'interprétation de ces mesures apporte des résultats importants pour l'étude de la photosynthèse et donc du cycle du carbone, sur l'interaction du vent et des courants avec la biologie de l'océan ainsi que sur l'influence de l'activité humaine sur l'environnement océanique.
1/ Pour l'observateur P, le point le plus éloigné
(à l'horizon) est celui de la tangente
de la droite virtuelle issue de l'oeil (vecteur
PH).
En désignant par O le centre de la Terre, le rayon R = OH
(soit 6378,14 km de rayon moyen) est alors
perpendiculaire à PH, et il suffit d'appliquer le théorème
de Pythagore : dans le triangle rectangle OHP nous avons :
[OP]² = [PH]² + [OH]² , et
donc [PH]² = [OP]² - [OH]²,
soit, en notant h la hauteur de vue de l'observateur,
[PH]² = (R + h)² - R².
Avec h = 1,7 m de hauteur par exemple, on aura [PH]²
=(6378,1418² - 6378,14² ), et racine
carrée PH (distance de la ligne
d'horizon) = 4,66
km [arrondi].
2/ Vue d'avion, dans le triangle rectangle OKA nous avons :
[OA]² = [AK]² + [OK]² ,et donc
[AK]² = [OA]² - [OK]², soit,
en notant h la hauteur de vue des observateurs dans l'avion,
[AK]² = (R + h)² - R².
Avec h = 9 km de hauteur, on aura [AK]² =
(6387,137² - 6378,137² ) > 114
887,466, et racine carrée > ± 339 km
(distance de la ligne d'horizon,
arrondie).
Nota : sur la Lune (mer de la Tranquillité,
par exemple ou le 20 juillet 1969, Apollo 11 s'est
posé), Neil Armstrong (h =1,80
m), [PH]² =
(1 737,4018 km² - 1 737,4 km²
) = 6,25464], devait avoir sa
distance d'horizon à 2,5 km (au lieu de 4,79 km environ sur
Terre).
>>> voir aussi, dans les
programmes téléchargeables, le Programme
Horizon, permettant d'éffectuer ce calcul (sur Terre et
autres astres du système solaire).
Puisque à partir d'une salinité de 24,7 g/l la
température du maximum de densité est inférieure
à celle du point de congélation et que la
salinité des océans est de l'ordre de 35 g/l, le
refroidissement de l'eau de mer s'accompagne donc d'une augmentation
de densité jusqu'au changement d'état, contrairement au
refroidissement de l'eau douce.
Ceci explique en partie pourquoi la glace se forme plus
facilement sur un lac qu'en mer.
Sur un lac, les eaux les plus froides restent en surface et vont donc
geler dès que la température devient
négative;
en mer les eaux refroidies en surface "plongent" et sont
remplacées par de l'eau plus "chaude".
Conclusion : pour créer une banquise il faut un
refroidissement brutal.
Le changement d'état s'accompagne d'une dilatation :
la glace est moins dense que l'eau.
Par ailleurs la congélation va séparer l'eau pure des
sels :
La glace qui se forme au cours des hivers arctique et antarctique
reste en surface, alors que la saumure (eau fortement
concentré en sels) s'enfonce pour être remplacée
par de l'eau plus chaude et moins salée.
Il se crée donc une eau très dense (très
salée et très froide) qui va s'enfoncer très
profondément. Lorsque la glace atteint une épaisseur de
2 à 3 m, elle forme un écran protecteur qui isole
l'océan.
Cette glace est inhomogène, sous
l'action des vagues et des oscillations de température, elle
va renfermer des poches d'air et des poches de saumure ou de sel.
Elle va ensuite vieillir, être lavée par la neige et
devenir de plus en plus dense. On obtient des glaces de
densités variables (0,86 à 0,92) et de compositions
variables (salinité de 0 à 10), riches en sulfates. La
fonte de la glace donne donc naissance à des eaux de surfaces
peu salées et froides (riches en sulfates).
Point de fusion de la glace
d'eau de mer (il s'abaisse avec la salinité) :
..................(exemple : -1,9°C (271,25 K) à S=35 g/l
).......................
Nota : le satellite
Cryosat-2 est
dédiée à l'observation spatiale de la couverture
des glaces continentales et des glaces de mer ainsi qu'à
l'étude des variations d'épaisseur de ces glaces
(lien interne).
REMARQUES.
Pourquoi la glace de mer est-elle si importante et pourquoi les
scientifiques l'étudient-elles ?
Même si la glace de mer se produit principalement dans les
régions polaires, elle influence notre climat mondial.
La glace de mer a une surface brillante, une grande partie de la
lumière du soleil qui la frappe est réfléchie
dans l'espace. En conséquence, les zones couvertes par la
glace de mer n'absorbent pas beaucoup d'énergie solaire, de
sorte que les températures dans les régions polaires
restent relativement fraîches. Si le réchauffement
progressif des températures fait fondre la glace de mer au fil
du temps, moins de surfaces lumineuses sont disponibles pour renvoyer
la lumière du soleil dans l'espace, plus d'énergie
solaire est absorbée à la surface et les
températures augmentent encore. Cette chaîne
d'événements démarre un cycle de
réchauffement et de fonte. Ce cycle est temporairement
interrompu lorsque les jours sombres de l'hiver polaire reviennent,
mais il recommence au printemps suivant.
Même une petite augmentation de la température peut
entraîner un réchauffement plus important au fil du
temps, faisant des régions polaires les zones les plus
sensibles au changement climatique sur Terre.
La glace de mer affecte également le mouvement des eaux
océaniques.
Lorsque la glace de mer se forme, la majeure partie du sel est
poussée dans l'eau de l'océan sous la glace, bien
qu'une partie du sel puisse être emprisonnée dans de
petites poches entre les cristaux de glace. L'eau sous la glace de
mer a une concentration plus élevée de sel et est plus
dense que l'eau de mer environnante, et donc elle coule. De cette
manière, la glace de mer contribue à la circulation
globale de l'océan «tapis roulant». L'eau froide,
dense et polaire coule et se déplace le long du fond de
l'océan vers l'équateur, tandis que l'eau chaude de la
mi-profondeur à la surface se déplace de
l'équateur vers les pôles.
Les changements dans la quantité de glace de mer peuvent
perturber la circulation océanique normale, entraînant
ainsi des changements dans le climat mondial.
(source : NSIDC, National Snow and Ice Data
Center).
Énergies
marines.
Énergies marines renouvelables (EMR)
Notes
préléminaires.
Le bilan d'énergie
de surface (somme des flux vers l'atmosphère et vers
l'océan, exprimés en Wm-2) a les
caractéristiques suivantes :
L'énergie des mers est
lénergie
renouvelable extraite
du milieu marin.
" Si
seulement 0,1% de l'énergie renouvelable disponible dans les
océans pouvait être convertie en
électricité, cela suffirait à satisfaire plus de
cinq fois la demande du monde tel que nous le connaissons aujourd'hui
" (remarque faite en 2000
par le Marine Foresight Panel du gouvernement
Britannique).
Selon l'IEA (International
Energy Agency),
les capacités mondiales en énergie des courants se
situeraient aux environs de 100 000TWh (ou
1017Wh ou 100 millions de milliard de
Wh),
sachant que la consommation mondiale d'électricité
s'établit aujourd'hui autour de 16 000TWh. Selon les
mêmes sources, l'Europe pourrait produire 100 TWh
d'énergie à partir de des hydrauliennes, dont 50TWh
pour le Royaume-Uni, 1 à 3 TWh pour la Norvège et 2 TWh
pour la côte nord-ouest de la Russie.
Il a été
démontré que les énergies marines sont
parfaitement capables de devenir compétitives avec
l'éolien onshore et le nucléaire d'ici 2025.
A noter que, avec 11 millions de km²
marins (en comptant l'outremer)
la France est le 2ème pays sur Terre pour ce qui
concerne l'espace maritime, le premier étant les
États-Unis.
Pour se conformer à ses engagements européens, la
France devrait produire 21% de son électricité à
partir de sources d'énergie renouvelables et non polluantes.
Donc en toute logique, les océans sous juridiction
française, qui sont des gisements de kilowattheures en
puissance, devraient faire l'objet de productions d'appoints
(même s'ils ne peuvent constituer qu'une
ressource complémentaire).
La mer (ou les océans) peut être
utilisée au travers de cinq filières
énergétiques au moins :
(Raccourcis : cliquer sur les noms des chapîtres).
Ainsi le potentiel énergétique théorique des
EMR serait de deux millions de TWh par an.
A noter que à l'heure actuelle, seulement un peu plus de
100.000 TWh/an seraient techniquement et/ou économiquement
exploitables. Un chiffre important tout de même sachant qu'en
2018, la consommation délectricité dans le monde
dépassait à peine les 23 000 TWh, et que aujourd'hui,
les énergies marines renouvelables ne comptent pas pour plus
de 0,05 % de la production mondiale d'énergie
renouvelable.
1 -
Énergie des vagues (houlomotrice).
La houle est le
mouvement ondulatoire de l'eau provoqué par les rafales de
vent.
La déformation de l'interface (air-mer dans le cas d'une
onde de surface) se propage à la vitesse de l'onde, donc de la
distance qui sépare, par exemple, les deux crêtes de
deux vagues "parfaites" successives. Les particules d'eau mises en
mouvement au passage de l'onde se déplacent avec une vitesse
qui leur est propre, mais restent en moyenne à la même
position.
En eau profonde, c'est-à-dire lorsque la longueur d'onde de l'onde est faible par rapport à la profondeur de l'océan (au moins 2 fois plus faible), les particules d'eau se déplacent sur un cercle. Les ondes sont alors appelées ondes courtes.
En eau peu profonde, c'est-à-dire lorsque la
longueur d'onde de l'onde est très grande par rapport à
la profondeur de l'océan (au moins 20 fois
plus grande), les particules d'eau se déplacent sur une
ellipse. Les ondes sont alors appelées ondes
longues.
C'est en fait, un transport de matière dans la direction de
propagation des vagues, et des particules qui décrivent des
orbites circulaires (ondes courtes) ou des orbites elliptiques (ondes
longues), et qui se déplacent dans le sens de propagation des
vagues. Ce déplacement est aussi appelé "courant de
Stokes".
Ainsi donc, deux grandes classes de courants sont induits par la
houle :
Les courants de dérive se remarquent généralement en haute mer (eau profonde), alors que les courants dus à la non uniformité se rencontrent essentiellement aux abords des côtes (eau peu profonde).
Vitesse de propagation :
La vitesse de propagation c (célérité)
dépend du type d'onde que l'on considère. Dans le cas
des ondes courtes et des ondes longues , la formule permetant de
calculer est assez simple :
- pour les ondes courtes (eau profonde) :
- pour les ondes longues (eau peu profonde) :c = Ö[g / H]
avec,
c : vitesse (m/s)
g : intensité du champ de pesanteur (m.s²)
l (lambda) :
longueur d'onde (m)
H : amplitude de l'onde (m).
Cela signifie que parmi les ondes courtes (la houle par exemple),
celles qui ont la longueur d'onde la plus grande se propageront le
plus vite. La longueur d'onde de la houle est de l'ordre d'une
centaine de mètre.
Et si l'on considère une onde longue (faite
par un tsunami par exemple), en se rapporchant des côtes
sa vitesse diminuera en même temps que la profondeur du fond .
La longueur d'onde des tsunamis est généralement
supérieure à 100 km.
Plus la longueur d'onde d'une vague est grande, plus sa vitesse est
importante : la vitesse d'un tsunami peut atteindre par exemple, 725
km/h, avec une longueur d'onde de 240 km, et filant inaperçue
sous un bateau !
Nota : T (l/c) désignera la
période de l'onde (en secondes).
Exemples :
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avec,
- r : masse volumique de l'eau (k/m3),
- g : intensité du champ de pesanteur (m.s²),
- H : hauteur des vagues, crête<>creux (m).
Cette énergie représenterait 417
térawattheures par an (417 milliards de
kWh/an) d'énergie potentielle simplement sur les
côtes de la métropole, et elle est pour le moment,
presque inexploitée. Pourtant c'est une énergie
inépuisable et qui n'est pas émettrice de gaz à
effet de serre... (Cf. ce sujet, voir
pages).
Notons que le terme énergie de la houle est
préférable à celui des vagues, car celles-ci se
brisent sur le littoral, alors que la houle désigne le
mouvement vertical de l'onde marine. L'énergie
transportée est plus élevée en surface qu'au
fond, et donc pour transcrire le potentiel houlomoteur en terme de
production électrique, on prend en compte la totalité
de la profondeur d'une tranche d'eau : les calculs donnent des
kilowatts par mètre (kW/m).
Évidemment, les régions les plus agitées
(ventées) sont les plus
intéressantes : c'est le cas du sud-ouest de la France ou
l'eau s'enfonce très rapidement et donne une houle atteignant
parfois les 4 mètres.
A noter que sur la seule façade atlantique on pourrait
produire 10 à 30 kW/m. Sur un km² de mer, on pourrait
produire 20 MW !
Plusieurs types de dispositifs ont été proposés
pour convertir l'énergie mécanique donnée par le
mouvement des vagues, et dans presque tous les cas des
mécanismes sont actionnés par les mouvements : pales,
roues lestées, vérins hydraulique, etc.
et plusieurs mécanismes peuvent être utilisés
(exemples) :
De nombreux appareils convertisseur d'énergie et de niveau industriel existent déjà (qqs exemples) :
Ces systèmes, quelquefois utilisent des approches
différentes, mais on l'espère toutes aussi efficaces
!
Par ailleurs, des prototypes de systèmes offshore ont
été déployés depuis mai 2004 sur les
côtes du Portugal et d'autres vont aussi être
testés en mer Baltique
et au Royaume-Uni (R.U).
Notes :
> Searev, comme Pelamis, souffre
cependant d'un défaut. Pour que des houles fortes et
régulières se forment, il faut des profondeurs d'eau
importantes, d'au moins 50 mètres. Les parcs ne peuvent donc
être installés qu'assez loin des côtes.
Problème : l'acheminement de l'électricité
à terre sans trop de perte en ligne. Toutefois
l'énergie houlomotrice va bénéficier des
avancées technologiques des plates-formes
pétrolières offshore de grandes profondeurs, car l'on
sait désormais construire de longs tuyaux flexibles, les
"risers", capables de résister aux mouvements de la houle. La
compagnie Pelamis Wave Power (PWP) a
cependant annoncé en avril 2010 une deuxième
génération concernant son convertisseur
d'énergie des vagues en électricité : Pelamis
P2.
> La société INRI a annoncé qu'elle a
franchi une étape décisive dans la construction de sa
pompe récupératrice d'énergie des vagues
offshore, SEADOG®, immergée au large au large des
côtes de Californie, dans la région de Table Bluff
(Comté de Humboldt) : dans ce cas
précis, la construction de SEADOG® conçue par Renew
Blue, filiale a 100% d'INRI, a été imaginée pour
alimenter en énergie "propre" et faire tourner une usine de
dessalement.
Wavegen de Voith
Hydro Wavegen (Ecossais), convertisseur
d'énergie des vagues onshore -appelé aussi " riverain"-
qui utilise le principe d'une colonne d'eau oscillante
(OWC) couplée aux fortes modulations du
ressac au moment où il touche la rive
(lien
vers explications et schémas, pdf 639 ko).
Une installation fonctionne déjà dans la centrale de
Limpet (Ecosse, R.U.), sur l'île
d'Islay.
-----------------------------------------------------------------------------
Oyster de Aquamarine
Power (Ecossais),
récupération d'énergie des vagues par aileron
flottable et articulé , attaché au fond de la mer
(lien).
Actuellement (2011) : nouvelle
génération Oyster 800
(lien).
> Dossier
de presse SEM-REV à
télécharger (Ecole Centrale de Nantes, doc, 794
ko).
Lien
(pour en savoir plus sur la houle).
Fabriquée dans les ateliers de CMN à Cherbourg,
lhydrolienne marine HydroQuest Ocean a été
installée en avril 2019 sur le site dessai de
Paimpol-Bréhat (Côtes-dArmor).
Après 2 années de tests de ce prototype, son fabricant
annonce des résultats encourageants.
Les expérimentations ont permis de certifier la courbe de
puissance de la turbine de 1 MW, détudier son impact
environnemental et de prouver sa robustesse.
> Hydrolienne (française) du Pôle Mer
Bretagne Atlantique : BluStream®
(hydrolienne innovante de 2e génération, à haut
rendement).
Projet d'essais d'hydroliennes dans la Ria d'Etel (Océan
Atlantique).
Partenaires / Entreprises >
- Le Gaz Intégral (LGI), Nanterre [Porteur de
projet],
- Bernard et Bonnefond, Saint-Étienne,
- Guinard Énergies, Ville d'Avray et Brest.
Centres de recherche >
- ENSTA Bretagne, Brest,
- Ifremer, Brest.
Fichier
pdf.
> Hydrolienne (française) Hydro-Gen
, hydrolienne flottante pour fleuve, mer ou estuaire.
Principe : hydro-générateur
à grosse roue à aubes, insérée dans un
catamaran-tuyère flottant et amarré par des lignes de
mouillage sur le fond.
L'entreprise commercialise 2 hydroliennes de puissance 20 kw et 70 kw
(+ possible).
PARTENAIRES :
> Hydrolienne EEL
de Eel Energy
(française) : sans hélice, mécanique à
membrane ondulante au gré des courants.
Projets.
Partenaires
dont Ifremer, Hutchinson, Dassault Systèmes.
Etranger :
> WaveRoller
de AW Energy
(Finlandais), récupérateur
d'énergie des courants posée sur un fond marin.
Partenaires.
> Turbine hydrolienne flottante, semi-immergée, Evopod
de Oceanflow
(Ecosse - Royaume-Uni).
L'Evopod d'Oceanflow a également une
application dans les courants de rivières où l'appareil
flottant est attaché au lit de la rivière. Une solution
de turbine jumelée a été
développée avec des sorties nominales allant de 5kW
à 10kW selon la vitesse d'écoulement dans les
profondeurs d'eau aussi peu que 3 mètres.
Par ailleurs, Oceanflow a complété son système
innovant d'appareil flottant à turbine éolienne
offshore Starfloat. Starfloat intègre la connaissance
d'Oceanflow des plates-formes semi-submergées à faible
mouvement et des systèmes d'amarrage, dans une conception
très compacte et peu coûteuse offrant des
améliorations réelles dans LCOE pour le courant
offshore (en eau profonde).
Turbine Open
Centre Turbine de OpenHydro
(Ireland).
Filliale de Naval Energies, qui se spécialise
dans la conception, la fabrication, l'installation et la maintenance
de turbines marines générant des énergies
renouvelables à partir des courants de marée.
Cette société possède un portefeuille de projets
couvrant le Canada, la France, le Japon, l'Irlande du Nord, l'Ecosse,
le Pays de Galles et les îles Anglo-Normandes, avec des
partenaires d'utilité, tels que Emera, EDF, Brookfield
Renewable Energy Group, SSE Renewables et Alderney Renewable Energy.
La société a remporté un certain nombre de prix
pour ses innovations dans le domaine de la technologie des
énergies renouvelables.
Hydroliennes Delta
Stream [doc.pdf
(en)] de
Tidal Energy
Ltd (Pays de Galles / Royaume-Uni).
Projets : Ramsey Sound (MW), cotes de Pembrokeshire,
au sud-ouest du Pays de Galles;
St Davids Head,(10 MW), Pembrokeshire.
Partenaires : Eco2 Ltd, Fonds européen de développement
régional (ERDF) - Gouvernement gallois, Carbon Connections UK
Ltd, Cranfield University, Pembroke Port,
Hydrolienne, horizontale de Ocean
Renewable Power Company (ORPC, USA).
Turbine
Generator Unit, RivGen®
Power System, TidGen®
Power System, OCGen®
Power System ;
Projets : Alaska, Maine.
Hydrolienne à vis,
FlumillTM de Flumill
(Norvège), turbine à
hélice (vis de forage) placées
côte à côte.
Le système est en auto régulation de fonctionnement sur
une large plage de vitesses des flux de marée. Le
système a un impact limité sur l'environnement avec des
turbines lentes.
Flumill a réalisé des essais effectués avec
succès pendant plus de deux semaines en 2011
(prototype de 1,5 MW), et également des
essais avec succés pour l'EMEC (European Marine Energy
Centre), Orkney Island (Les Orcades au
Royaume-Uni) en janvier 2012.
A l'automne 2012, Enova (Business Meetings) a décidé
d'attribuer à Flumill 57,5 millions NOK
(Couronne norvégienne) ou env. 6,35 M€,
pour le financement partiel d'une installation à grande
échelle (selon les plans, l'installation
mesure 18 par 45 mètres),dans Rystraumen près de
Tromsø (Norvège). L'objectif est
de tester le système Flumill et c'est la suite d'un projet
commencé avec un prototype d'un moulin à marée,
où les grandes vis (avec des
générateurs attachés) ont produit
l'électricité en respectant l'environnement.
Energie marémotrice
(proprement dite) :
Principe : capturer l'énergie accumulée dans un
réservoir qui se remplit et se vide de manière
déphasée par rapport aux variations de hauteur d'eau de
la marée.
Seule réalisation industrielle
marémotrice (en France) :
l'usine de la Rance, Côtes-d'Armor (lien)
: 250 MW, 600 millions de KWH/an.
Nota : les coûts d'installation et d'exploitation seraient trop
élevés (?).
>>> lien intéressant > http://www.shom.fr/
- Service hydrographique officiel, il est un établissement
public administratif (EPA) sous tutelle du ministère de la
Défense. Opérateur public pour l'information
géographique maritime et littorale de
référence.
Nota : la consommation dénergie sera divisée
par trois, la facture des utilisateurs allégée de 40%,
tandis que 1 300 tonnes annuelles de gaz à effet de serre en
moins seront rejetées dans latmosphère.
Le caractère corrosif de leau de mer qui oblige à
utiliser du titane (métal très cher
mais très résistant), dans
léchangeur thermodynamique explique la lourdeur de
linvestissement de 2 millions deuros
(dont la moitié à la charge de la
commune). Les coûts dentretien sont aussi
élevés, car des organismes vivants viennent se
déposer sur les tuyaux et filtres en plastique.
Exemple dans la zone d'aménagement urbaine
Euroméditerranée, à Marseille
(système de chauffage de climatisation
et de production d'eau chaude) :
l'écoquartier Smartseille sort de terre, pour
éclore définitivement en 2018, proposant à terme
près de 400 logements, une crèche et des jardins
partagés, mais aussi des commerces et des bureaux.
La partie la plus originale est invisible de l'extérieur :
c'est le réseau d'énergies renouvelables intelligent,
Massileo®, d'Optimal
Solutions, filiale de Dalkia. Il est destiné à
desservir plus de 500.000 m2 de bâtiments de le zone
Euroméditerranée 2 en chauffage, climatisation et eau
chaude sanitaire grâce à la récupération
de calories sur eau de mer. Smartseille est le premier
écoquartier à s'être raccordé à
Massileo, en 2016.
Le principe de fonctionnement est simple : de l'eau est
prélevée à faible profondeur, au large du port
de Marseille, avec une température modérée de 12
à 24 °C selon la saison. Elle échange ses calories
avec une boucle d'eau douce secondaire puis retourne à la mer.
La boucle est reliée à des pompes à chaleur
réversibles qui montent ou diminuent la température de
l'eau afin de produire du chauffage, de la climatisation ou de l'eau
chaude.
Au total, 75 % de l'énergie fournie à Smartseille
provient de sources renouvelables.
Le principe de la thalassothermie peut réduire de 80 % les
émissions de gaz à effet de serre. Le
procédé diffère de l'énergie thermique
des mers, utilisable en zone tropicale, là où, en
profondeur, la température de l'eau n'est que de quelques
degrés Celsius contre souvent 25 en surface. La
thalassothermie ne permet pas de chauffer ni de climatiser à
elle seule, mais elle soulage et convient aux régions
littorales des latitudes moyennes, particulièrement dans les
zones à forte densité de population.
_____________________________________________
Exemple d'une centrale de production électrique ETM:
Elle peut être constituée :
Nota :
- avec l'eau comme fluide de travail, c'est l'eau chaude de
surface qui se vaporise partiellement pendant son passage dans un
évaporateur maintenu sous très faible pression (voisine
de 3 kPa). Chaque kilogramme d'eau chaude produit environ 5 grammes
de vapeur. Le condensat - ici de l'eau - n'a pas à être
recyclé. On parle alors d'ETM en cycle ouvert.
L'avantage de ce cycle est la simplicité de ses
échangeurs "à contact" et son inconvénient la
grande taille de la turbine qui fonctionne avec des écarts de
pression très faibles, inférieurs à 2 kPa.
- avec le gaz ammoniac (NH3) comme fluide de travail,
l'évaporateur et le condenseur sont des échangeurs
ammoniac / eau de mer, à plaques ou à tubes
métalliques, en titane ou en alliages d'aluminium.
L'ammoniac liquide à la sortie du condenseur est pompé
et réintroduit dans l'évaporateur. Il est ainsi
recyclé sous pression (de l'ordre 900 kPa, soit 9
atmosphères) en permanence et l'on parle alors d'ETM en
cycle fermé.
- le faible différentiel de température disponible
(à peine supérieur à 20°C) limite le
rendement de la conversion à des valeurs très
faibles
(le rendement théorique, dit de Carnot, est égal
à [T°chaud - T°froid] / T°Kchaud).
Pour assurer une puissance ETM de 1 MW net il faut alimenter l'usine
avec des débits de l'ordre de 2 à 3 m3/s tant en eau
chaude qu'en eau froide.
Le paramètre le plus "lourd" est le diamètre de la
conduite. Il s'avère en effet que la réduction des
pertes de charge passe par l'obligation d'opter pour des conduites de
grands diamètres. Les réalisations récentes,
toutes de petites tailles, utilisent des tuyaux en PEHD
(polyéthylène haute
densité) qui sont disponibles sur le marché
jusqu'à 1,5 m de diamètre. Pour la réalisation
d'usines ETM de 100 MW et plus, les promoteurs étudient
l'utilisation de plastiques armés ou de bétons
allégés pour la construction de conduites de 15
à plus de 30 m de diamètre !
Impact sur l'environnement ?
L'ETM ne génère par principe ni chaleur ni
polluants mais perturbe des flux naturels d'énergie et de
matière. Il convient donc de définir la nature et
l'ampleur de ces perturbations sur le milieu naturel avant de pouvoir
évaluer leurs effets aux niveaux local, régional et
global.
Pour assurer une production ETM d'1 MW il faut alimenter l'usine avec
des débits de l'ordre de 2 à 3 m3/s, tant en eau chaude
qu'en eau froide. Ce sont donc des volumes d'eau considérables
qui seront pompés puis rejetés dans le milieu naturel.
Les organismes vivants entraînés au travers des
crépines d'aspiration seront affectés et probablement
tués par les effets physiques et les traitements biocides
(anti-fouling) qu'ils subiront durant leur transit dans l'usine.
Quant aux effluents liquides, leur redistribution dans le temps et
dans l'espace, dépendra des caractéristiques
hydrographiques du site, de la puissance de l'usine et de sa
conception. Ils seront réintroduits dans le milieu naturel
à des températures de quelques degrés
différentes (2 à 3° C) de celles des eaux à
leur entrée dans l'usine, et selon les choix: eaux du
condenseur et de l'évaporateur séparées ou
mélangées, profondeurs et formes des
évacuations... les effets sur l'environnement pourront
être différents et plus ou moins sensibles.
Pour les petites centrales littorales, les résultats
d'études et d'essais indiquent que les risques associés
à leur exploitation ne devraient pas altérer gravement
la faune et la flore marines vivant à proximité et que
les effets des rejets dans l'océan resteraient minimes.
Pour de grosses centrales de 100 MW et plus, les résultats des
travaux de simulation réalisés aux USA donnent des
informations sur les limites et les procédures à
respecter pour leur exploitation : elle serait "durable" à
condition de rester en deçà de 0,07% de la chaleur
solaire absorbée par l'océan. Dans les régions
propices, là où un écart de températures
supérieur à 22 °C existe en permanence entre les
eaux en surface et à 1 000 m de profondeur, la puissance ETM
exploitée devrait rester inférieure à 0,5 MW net
par km² d'océan.
La superficie totale de ces zones étant évaluée
à 60 millions de km2, le potentiel de la ressource permettrait
l'installation d'usines - soigneusement espacées les unes des
autres - d'une puissance globale de 10 000 GW !
Limites.
Dans létat actuel de la technologie, la surface
de membrane nécessaire est de 200 000 à 250 000 m²
par mégawatt. La réalisation de ces membranes est une
des difficultés pour le développement de cette
technique.
Cette technologie n'est donc pas rentable aujourd'hui. Les
coûts élevés de production et les faibles
capacités des membranes (environ 3
W1·m-2) constituent un frein à son
développement. Mais le coût des membranes tend à
diminuer : des ruptures technologiques, issues des
nanobiotechnologies ou de l'électro-osmose, sont attendues
pour faire baisser les coûts.
Egalement, comme inconvénient, les pertes en eau. En effet, le
concentrat qui contient tous les sels qui n'ont pas traversé
la ou les membranes, représente environ 25 % du débit
entrant, pour des installations industrielles. Cette eau contient
alors trop de sel pour l'agriculture et est donc inutilisable.
Usines existantes :
Israël : à la suite de la création en
2007 d'une puissante Autorité de l'eau, Israël s'est
lancé dans un important programme de construction de cinq
usines de dessalement par osmose inverse qui doivent alimenter, d'ici
la fin 2015, 70 % de la consommation des ménages en
Israël, qui a parallèlement été
abaissée de 20 % en une décennie25. Israël est
ainsi devenu le leader mondial du dessalement26, la moitié de
la consommation des ménages, de l'agriculture et de
l'industrie étant déjà couverte, en mai 2015,
par de l'eau produite artificiellement (dessalement et recyclage).
Usines dAshkelon, Palmachim, Hadera, Sorek, puis Ashdod fin
2015 ; en 2016. Sorek, la plus grande usine du monde de dessalement
d'eau de mer, à elle seule, en produit 20 %; elle produit 624
000 m3/jour depuis 2013.
Jordanie : usine dAmman ;
Tunisie : usine de Djerba ;
Amérique latine (Mexico, Chili : usine de Minera
Escondida) ; Suez a remporté en septembre 2016 un contrat pour
la construction et l'exploitation pendant 37 ans d'une usine de
dessalement à Playas de Rosarito, dans l'État de Basse
Californie ; sa capacité devrait atteindre 190 000 m3 d'eau
potable par jour en 2020, puis, à l'issue d'une seconde phase
de travaux, 380 000 m3 en 2024, ce qui en fera la plus grande usine
de dessalement d'eau de mer du continent américain.
Espagne (usine de Carboneras, Baléares : usine de Baya
de Palma), Malte.
États-Unis : ils sont placés en deuxième
position derrière le Moyen-Orient pour le filtrage deaux
saumâtres. Une usine de dessalement de l'eau de mer a
été construite en 1993 dans la baie de Tampa, en
Floride, pour pallier le manque d'eau. Une usine de 200 000 m3/jour
à osmose inverse est en construction à Carlsbad au nord
de San Diego en Californie pour assurer 7 % des besoins du
comté à partir de 2016, à un coût de 1,1
$/m³ (80 c€/m³) contre 0,60 $/m³ (43 c€/m³) pour
l'eau provenant du Colorado ; 17 projets d'usines de dessalement sont
en cours tout au long de la côte californienne.
L'Algérie a construit 13 usines de dessalement en 2011
un peu partout sur son territoire et projette de construire 43 usines
pour 2019, dont la plus grande usine de dessalement d'eau de mer au
monde (utilisant la méthode de l'osmose inverse) à
El-Magtaâ.
Sources et références >
-Statkraft
Osmotic Power Plant, Tofte, Norway > power-technology.com.
-Wikipedia.
sont déjà cultivées a des fin
pharmaceutiques, cosmetiques ou diététiques, aurait une
carte à jouer dans la production de cette nouvelle
génération de carburants, même si celle-ci n'est
pas attendue, au mieux, avant une dizaine d'années.
Selon un spécialiste des modèles de croissance des
micro-organismes, et coordinateur du projet COMORE ( lien
), et en particulier Shamash,
l'unique projet français consacré au sujet, et qui a
pour objectif de produire un biocarburant à partir de
microalgues autotrophes, "les microalgues ont un rendement
potentiel trente fois supérieur à celui des cultures
terrestres; seul le coût d'exploitation reste un frein à
leur utilisation".
Les rendements de croissance et par conséquent des productions
à l'hectare, sont donc bien supérieurs aux
espèces oléagineuses terrestres (de 20
à 75 m3 d'huile par hectare et par an selon les
sources).
Nota : Shamash regroupe 8 équipes et entreprises
françaises pour un budget total de 2,8 Millions d'euros. Le
Programme National de Recherche sur les Bioénergies (PNRB) de
l'ANR finance 0,8 Millions d'euros; et également soutenus par
deux pôles de compétitivité de la région
PACA : Pôle CAPENERGIE ( lien
) et Pôle MER ( lien
).
Le projet est coordonné par Olivier Bernard
(porteur : Institut national
de recherche en informatique et en automatique,
INRIA Sophia-Antipolis-Méditerranée,
Alpes-Maritimes).
Alors que le prix du pétrole s'envole vers des sommets, et que
la fabrication de biocarburants végétaux entre en
concurrence avec les cultures alimentaires, cette nouvelle source de
production de carburants pourrait être promise a un bel avenir
!
( lien sup > algues
)
Haut degré d'efficacité :
" Lorsque les réservoirs d'eau sont pleins, l'eau doit
être retiré des citernes ", explique Schramm. Ce
résultat est obtenu en faisant tourner la turbine en sens
inverse, de manière à ce qu'elle fonctionne comme une
pompe. Le processus consomme de l'énergie à partir du
réseau électrique, comme lorsqu'on charge une batterie
ordinaire. Bien qu'un peu plus d'énergie soit utilisée
pour vider les réservoirs d'eau, que l'on peut en
récupérer à partir de leur remplissage, le
degré d'efficacité de ce type de centrale est aussi
élevé que celui d'une usine "onshore" conventionnelle.
Selon Schramm, les calculs indiquent une efficacité de
stockage électrique d'environ 80 pour cent.
Un autre avantage du système est que l'équipement peut
être adapté selon les besoins des utilisateurs, à
la fois en ce qui concerne la taille de la turbine et du nombre de
réservoirs d'eau. Une usine de taille normale va produire
environ 300 mégawatts pendant une période de 7-8
heures. C'est assez d'énergie pour alimenter un peu plus de
200 000 foyers en électricité pendant le même
temps.
"Nous prévoyons que ce type d'installation de stockage
fonctionnera bien en conjonction avec, par exemple, les parcs
éoliens. Dans des conditions de vent fort,
l'électricité excédentaire est envoyé
dans les citernes sous-marines pour pomper l'eau des
réservoirs de stockage. Dans les périodes avec peu de
vent, l'énergie peut être obtenue à partir de
cette usine sous-marine. La même chose s'applique à la
production d'énergie solaire : la centrale de
pompage-turbinage peut contribuer à la production constante
d'électricité pendant la nuit quand il n'y a pas de
soleil pour faire fonctionner une installation d'énergie
solaire », explique Rainer Schramm.
En plus du nombre de réservoirs, la profondeur de la mer
détermine également l'efficacité de
l'installation : plus profond sera l'équipement, plus grande
est la différence de pression entre la surface de la mer et le
fond marin, et plus l'énergie stockée dans un
réservoir unique sera grande.
" Cela fait partie de la raison pour laquelle nous voulons essayer la
technologie en Norvège ", explique l'ingénieur. Dans
son pays natal en Allemagne, la mer est trop profonde pour que le
système soit rentable, mais il y a beaucoup de parties du
monde où de grandes profondeurs d'eau sont situés
près des côtes.
Nota : Une des difficultés rencontrées par les
chercheurs de SINTEF est de développer un type de béton
qui peut être utilisé pour les réservoirs d'eau
qui sont placés sur le fond marin. " Le défi est de
trouver l'équilibre optimal entre la résistance et le
coût. Si nous atteignons l'objectif de créer un
béton qui résiste d'au moins 5 fois plus que le
chargement béton ordinaire, nous pouvons réduire
l'épaisseur de paroi de 75 pour cent. Ceci est un facteur
critique. Nous devons parvenir à des coûts de production
et d'installation qui font de ce stockage, de l'énergie
économique par rapport au prix de l'énergie
électrique ", explique Martius-Hammer (un expert sur les les
types de béton léger et forts).
Une des solutions de SINTEF est de renforcer le béton de
fibres d'acier minces au lieu des barres d'armature en acier normal.
Cela se traduira par une importante simplification du processus de
production. Le béton qui existe à l'heure actuelle peut
être utilisé, mais leur travail est de développer
une alternative moins coûteuse.
Sources et références >
ScienceDaily,
SubHydro AS,
SINTEF.
HydroHélix
, Pelamis
Wave Power ou Open
Hydro Company
Energies
de la mer
(blog)
SABELLA
SAS
LEGOS
(Laboratoire d'Études en Géophysique et
Océanographie Spatiales)
CTOH
(Centre Topographique des Océans et de
l'Hydrosphère)
SSS
(Service dobservation de la salinité de surface des
océans)
ISITV
(Institut des Sciences de l'Ingénieur de
Toulon et du Var).
ENSEEIHT Hydrodynamique
Marine (Institut National Polytechnique de
Toulouse)
System APC-PISYS
(PIPO Systems SL - Energie de vagues)
APERE
("Mécanique des Vagues et
phénomènes liés") - Science
et Avenir.
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