Eaux Diverses


Raccourcis :

eau...
eau isotopique
eau douce / dure
eaux thermales
eau de ballast
eau de cristallisation / eau de constitution
eau-forte
eau (dans le sol)
eau croupissante
eau boriquée
eau distillée / bidistillée
eaux-vannes
eau fossile
eaux grasses
eau céleste
eau gazeuse / plate
eau mère
eau pressurisée
eau blanche
eau d'Alibour
eau de Dakin (et Labarraque)
eau de Cologne
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Cliquer sur les noms pour accéder plus rapidement












Eau.
Se dit aussi d'une liqueur artificielle, exprimée de quelque plante, de quelque drogue, ou tirée par l'alambic, ou composée de différents sucs :




(raccourcis)






L'eau régale.

Mélange d' acide nitrique concentré
et
d' acide chlorhydrique concentré.

Dans ce mélange, certains métaux nobles qui sont insolubles dans des acides simples concentrés, par exemple l'or ou le platine , se dissolvent.
Rapport du mélange :

 

 











L'eau de Seltz.
Eau traitée à laquelle on a ajouté du gaz carbonique pour la rendre artificiellement gazeuse.
Comme pour de nombreuses découvertes scientifiques, il y a confusion pour qui en fut le créateur des eaux gazeuses. La personne qui est habituellement créditée d’avoir créé ce type d’eau est Joseph Priestley en 1796. Cependant le professeur de chimie suédois Torbern Olof Bergman avait déjà réussi cela en 1771. On ne sait pas si Joseph Priestley connaissait les travaux de Torbern Bergman...

L’eau de Seltz est d'abord une eau minérale naturellement gazeuse (Selterswasser ou Selterser Wasser) provenant des sources de la ville allemande de Niederselters (de), en Hesse moyenne, dans le Taunus (arrondissement de Limburg-Weilburg). C'est une eau minérale alcalino-muriatique, basique en raison de sa teneur en bicarbonate de soude et riche en sel. Dès le XVIe siècle, cette eau était connue pour ses propriétés thérapeutiques, digestives et diurétiques.
Au commencement du vingtième siècle, l'eau de Seltz était un véritable produit pharmaceutique : elle ne se délivrait guère que sur l'ordonnance du médecin...
On utilise encore souvent des flacons, très solides et appareillés, (Siphons d'eau de Seltz) permettant de doser des boissons de types gazeuses, tels que certains cocktails (le Spritz par exemple).
Exemples de cocktails avec eau gazeuse :
Addington
Dry Americano
Paparazzi
Punch au champagne
Slaber
Alsaciano
Get Mojito
Parson's spécial
Royal fizz
Spritzer
Après-ski
Old fashioned
Pat
Sangria


Aujourd'hui, elle serait de retour sous la forme d'une eau minérale naturelle, originaire de la région de Stuttgart en Allemagne et vendue sous le nom commercial de Selters.

Note : site du Club des Siphonnés qui est consacré à leur passion : siphons et bouteilles à eau de Seltz !
(> lien web ).





Eaux thermales
.
Eaux minérales chaudes qui proviennent des infiltrations des eaux à caractères acides, dans le sous-sol profond : circulations dans des roches sédimentaires, évaporitiques et/ou cristallines
Elles sont utilisées comme moyen de traitement de certaines maladies.
La température varie de 25 à 65°C.
La classification des eaux thermales.
Cette classification concerne les eaux fortement minéralisées et distingue 5 grandes familles :

  1. Les eaux chlorurées sodiques
  2. Les eaux bicarbonatées (ou carboniques)
  3. Les eaux sulfatées
  4. Les eaux sulfurées
  5. Les eaux minéralisées oligométalliques

Il faudrait ajouter les eaux radioactives (présence de radon) car, si toutes les eaux le sont, certaines sources bénéficient d’une radioactivité plus importante entraînant des propriétés thérapeutiques (exemples : Luchon, Plombière).
L' histoire thermale, c' est à dire l'utilisation des eaux thermales à usage médical commence environ
3 000 ans avant Jésus Christ. Des témoignages existent aussi bien en France, Grèce, Italie ou Égypte.

Nota : Cure thermale : traitement à base d'eaux thermales.
Station thermale : localité ou l'on vient prendre ces eaux thermales. Selon le lieu des thermes, les maladies soignées sont différentes.

>>> site intéressant sur ces eaux > lien 1

 

(raccourcis)



Eaux-de-vie
Les Eaux de vie sont des solutions alcoolisées issues de la distillation.
Elles sont obtenues de plusieurs manières :

Rappelons que les Eaux de vie blanches ne vieillissent pas en fûts de chêne comme le Cognac et l'Armagnac.
Les Eaux de vie ont donc des origines diverses et sont fabriquées de manières différentes : le Saké japonais est produit par fermentation, Gin et Vodka sont, en gros, de l'alcool pur aromatisé.
On connaît aussi : l'alcool de riz asiatique, l'Eau de vie de figues, de Genièvre, l'Aquavit suédois, etc...




Eaux-vannes.

La partie liquide de ce qui est évacué dans une fosse d'aisances
ou
dans un bassin de vidange.

Ce sont les eaux rejetées depuis les installations de type WC (toilettes).
Elles nécessitent un traitement avant d'être rejetées dans la nature (contrairement aux eaux de pluie). C'est pourquoi, même si vous utilisez un broyeur ou un propulseur, vous ne pouvez en aucun cas rejeter d'eaux vannes dans une descente d'eaux pluviales.






(raccourcis)



Eaux grasses
.
Résidus de l'alimentation humaine utilisés dans l'alimentation des porcs, et de valeur alimentaire très variable.






(raccourcis)











Eau croupissante.
Eau stagnante, dont les substances organiques se trouve en état de décomposition.
Habitat de micro-organismes qui peut être cause de maladies :

Avec le manque de contrôle des eaux stagnantes de surface lié a l'essor démographique, on assiste à une diffusion plus large des maladies arboviroses (causées par les piqûres d'insectes ou d'araignées) dans les pays du sud Africain.
L'extension actuelle de la dengue (fièvre rouge) en est une illustration.



(raccourcis)


Eau fossile.
Eau présente dans une réserve naturelle, dite aquifère, depuis une période de temps qui excède le temps de la vie humaine ;et à ce titre, c'est une ressource non renouvelable.
La durée de régénération peut être de quelques siècles, mais elle est souvent de l'ordre de la dizaine de millénaires. Dans ce cadre, l'eau fossile a alors été piégée dans des conditions climatiques, physico-chimiques, ou géomorphologiques qui ne sont plus celles actuelles, et son renouvellement ne peut s'inscrire dans le cycle de l'eau actuelle.
La consommation d'eau fossile est donc définitive, le stock ne pouvant se renouveler, à l'échelle de temps humain.






(raccourcis)


Eau-forte.
Acide nitrique mêlé d'eau, dont les graveurs (aquafortistes) se servent pour attaquer le cuivre ou un autre métal.
Après avoir enduit sa plaque de métal d'un vernis résistant à l'acide, le graveur dessine à la pointe, mettant à nu le métal; plongée dans la solution d'acide, la plaque est attaquée aux endroits mis à découvert.
Elle est ensuite encrée; l'encre pénètre dans les parties creuses et, au moment du tirage, elle se dépose sur le support choisi.
Cette technique, qui permet une infinité de nuances, a été pratiquée par de grands artistes
(U. Graf, Dürer, Rembrandt, Callot, Piranèse, Goya, etc.).

Les eaux-fortes : gravure obtenue au moyen de cette technique. Ex : les eaux-fortes de Dunoyer de Segonzac.



(raccourcis)





Eau pressurisée (ou eau sous pression).
Eau mise sous pression (supérieure à la pression atmosphérique) par des systèmes de surpression, tels que des motopompes par exemple.
Exemple : le jet d'eau du lac de Genève (Léman)
est crée par de l'eau sous pression fournie par deux motopompes qui amène cette eau à 16 bars
(1,6x106 Pa), et ont chacune un débit de 250 litres/s (900 m3/h).
Puissance électrique globale de 1000 kW.

Exemple : Eau de Seltz.

(raccourcis)






Eau de cristallisation.
Eau qui a été absorbée dans la structure cristalline d'une substance (la plupart du temps, un sel).
Donc, eau d'hydratation d'un corps cristallin (par ex. CaSO4, 5H2O), dont l'élimination permet d'obtenir le corps anhydre.







(raccourcis)







Eau de constitution.
Eau emprisonnée dans une molécule, l'eau de constitution est l'eau qui est incluse dans la composition chimique des minéraux et qui fait partie de la maille cristalline, dont l'élimination entraîne la décomposition de la molécule : effectué par évaporation : chauffage, rayonnement, ect.




(raccourcis)










Eau mère.

Solution dans laquelle des cristaux se sont formés,
ou
solution résultant d'une filtration.




(raccourcis)











Eau distillée.
Obtenue par distillation, donc débarrassée d'impuretés organiques ou minérales, et privée de gaz dissous.

Eau bidistillée.
Obtenue par deux distillations successives (relativement pure).





(raccourcis)











Eau douce.
Eau renfermant peu de sels minéraux alcalino-terreux, par opposition à l'eau "dure".

Eau dure.
Eau riche en sels minéraux alcalino-terreux. Donc, principalement en sels de calcium (Ca) et magnésium (Mg).

Attention :
une eau fortement sodique (sels du sodium) n'est pas obligatoirement une eau "dure" qui est surtout fonction des sels de Ca et Mg
(eau de mer par exemple).



(raccourcis)












Eau gazeuse (ou gazéifiée).
Eau contenant un gaz dissous, en général au delà de la concentration maximale possible de ce gaz à la pression atmosphérique normale
(1 atm ou 1013 mbars).
Ce type d'eau aura donc tendance à dégazer spontanément, donc il faut maintenir celle-ci sous-pression.

Exemple : eau minérale pétillante Wattwiller.
L'eau minérale pétillante Wattwiller est issue de la source Artésia tout comme l’eau minérale plate Wattwiller.
Son faible taux de sodium (3 mg/l) en fait l'une des eaux gazeuses les moins salées du marché (source :www.wattwiller.com).Extrêmement pure, sans nitrates ni ammonium, d'une grande propreté microbiologique. Elle est recommandée aux régimes pauvres en sodium.
Wattwiller propose deux eaux gazeuses naturelles, la finement pétillante de Wattwiller et la fortement pétillante de Wattwiller.



Eau plate.
Eau ne contenant pas de gaz dissous en quantité importante, en fait par opposition à l'eau gazéifiée, qui elle, contient des gaz en concentration supérieure à leur limite de dissolution (à la pression atmosphérique).
Donc, une eau "classique" : eau du robinet ou eau minérale ou de source non gazeuse.








(raccourcis)









Eau d'Alibour.

Solution de sulfate de cuivre et de sulfate de zinc, utilisé comme antiseptique, notamment dans le traitement de l'impétigo
(affection cutanée qui se manifeste par des pustules dégénérant en croûtes jaunâtres, due à l'action de la bactérie streptocoque).











(raccourcis)






Eau de Dakin.
Solution antiseptique (*), à base d'eau de Javel "neutralisée, pour application locale de la peau, des muqueuses et des plaies.
(sa neutralisation en fait une solution qui n'altère pas les tissus(.

Dakin est une solution d’hypochlorite neutralisée par du permanganate de potassium (ou de l'acide borique ou du bicarbonate de Sodium), et titrant 1,5 degré chlorométrique, soit environ 5 g. de chlore actif par litre - c'est-à-dire 5.000 ppm de chlore actif (selon la pharmacopée française).

Principes actifs :
HYPOCHLORITE DE SODIUM, 0.50 g
(solution concentrée d'hypochlorite de sodium, quantité correspondant au chlore actif )
PERMANGANATE DE POTASSIUM, 0.001 g

Principes non-actifs :
DIHYDROGENOPHOSPHATE DE SODIUM DIHYDRATE, excipient
EAU PURIFIÉE, excipient

Appertient au groupe chimique des chlores à large spectre d'activité : bactéricide, fongicide, virucide.
Impropre à la désinfection du matériel médico-chirurgical.

*Se dit de ce qui détruit les microbes et évite l'infection.

Nota : l' Eau de Labarraque est une solution diluée d'eau de Javel, titrant 2° chlorométriques, soit 6,34 g de chlore actif par litre.

(raccourcis)






Eau blanche.
Solution aqueuse renfermant 2 % d'acétate de plomb,
Formule moléculaire du produit anhydre : Pb (CH3-COO)2

Utilisée à des fins médicales (par exemple en pansement, en cas d'entorse).

Synonyme : eau de Goulard.








(raccourcis)








Eau boriquée.
Solution aqueuse antiseptique renfermant 3 % d'acide borique.
Acide dérivé du bore, l'acide borique (H3BO3) est un antiseptique léger, peu irritant, utilisé par exemple en solution aqueuse diluée dans le " lave-oeil " que l'on trouve dans les laboratoires de chimie. Sert également à traiter les infections cutanées. Appelé quelquefois, sel sédatif de Homberg.

L'acide borique sera considéré comme un monoacide faible.
Dissociation :

H3BO3 + H2O <<< >>> H2BO3- + H+

avec Ka2 = 10-9,2 ou pKa = 9,2.




(raccourcis)





Eau céleste.
Solution cupro-ammoniacale :
Traitements préventifs sur les vignes.
Préparation : on fait dissoudre dans un tonnelet en bois ou un récipient en grès 1 kg de sulfate de cuivre dans 3 litres d'eau chaude. Après COMPLET refroidissement, on ajoute 1,5 litre d'ammoniaque.
On peut conserver cette solution concentrée (soit 4 litres) quelques mois.
On l'emploie à raison de 4 litres pour 100 litres d'eau.

Eau sulfatée :
En complément de la formule ci-dessus, on utilise l'eau sulfatée en curatif contre les maladies de la vigne. On dissout doucement 600 g de sulfate de cuivre dans quelques litres d'eau tiède.
Quand la dissolution est terminée, on mélange cette solution à 100 litres d'eau.




(raccourcis)





Eau lourde et superlourde (raccourci vers cette dernière).
L'eau lourde D2O (et semi-lourde HDO, ou eau deutérée ), ou oxyde de deutérium, a été découverte en 1930, elle est formée d'un atome d'oxygène et de deux atomes de deutérium, qui est un isotope de l'hydrogène.
Nota : son dénominatif de "lourde" vient de sa densité plus élevée que celle de l'eau "classique".

En plus de contenir un proton comme l'hydrogène, le noyau d'un deutérium renferme également un neutron. Il a donc une masse atomique de 2.


Aux températures ordinaires, le deutérium existe sous forme de gaz (D2).

Dans un volume donné d'hydrogène, on retrouve environ 0,02 % de deutérium. Ces atomes de deutérium peuvent donc se combiner avec l'oxygène pour donner de l'eau lourde, dont la densité est près de 11% supérieure à celle de l'eau ordinaire (formules de l'eau lourde ultra-pure : D2O et semi-lourde ou demi-lourde : HDO) :

Isotopes
HDO
D2O
Quantité relative
0,016 %
2,43 10-6 %

Données comparatives avec l'eau "classique", H2O :

Caractéristiques 
H2O
HDO
D2O
Masse molaire (g/mole)
18,0153
19,0214
20,0276
Point d'ébullition (°C /1 atm)
99,995
100,7
101,4
Point de congélation (°C /1 atm)
0,00
2,04
3,81
Masse volumique maximum (kg/m3, 25°C)
999,97
1054
1104,48
Température de la masse volumique maximum (°C)
4,0
-
11,6
Viscosité à 20°C (mPa.s)
1,0016
1,1248
1,2467
Chaleur latente de vaporisation (kJ/mole)
40,657
-
41,521
Indice de réfraction (25°C)
1,3325
-
1,3284
pH (25°C)
6,996
7,266
7,43
Nota : la densité de l'eau lourde solide (la glace de D2O) est plus élevée que celle de l'eau.

On s'est surtout intéressé à l'eau lourde dans le domaine de la fission nucléaire. L'eau lourde est utilisée comme « modérateur » dans certains types de réacteurs. Un modérateur sert à ralentir les neutrons libérés par la fission, ce qui favorise la réaction en chaîne. On peut utiliser de l'eau ordinaire, mais l'eau lourde a l'avantage de moins capturer les neutrons. Certains modèles de réacteurs utilisent plutôt le graphite comme modérateur. La production d'eau lourde nécessite des usines spécialisées.

L’eau lourde est donc naturellement présente dans l’eau naturelle mais en très faible quantité (0,03125 %) : soit une molécule d’eau lourde pour 3200 molécules d’eau ordinaire.

Si on met en présence de l’eau et de l’hydrogène sulfuré (H2S, lien interne), des échanges d’atomes ont lieu : selon la température, un des deux composés va se charger en hydrogène alors que l’autre va se charger plutôt en deutérium. On utilise donc ce principe pour préparer de l’eau lourde : à haute température (95°C), le deutérium passe préférentiellement de l’eau dans H2S. De cette manière, on enrichit H2S en deutérium et on rejette l’eau appauvrie. Mais l'hydrogène sulfuré ne sert qu’à concentrer le deutérium nécessaire à synthétiser l’eau lourde.
En effet , il circule vers une autre tour dans laquelle la température est au voisinage de 35°C. Cette température est favorable à l’échange inverse : tout le deutérium est alors cédé aux molécules d’eau qui se trouvent dans cette tour. Elles sont alors enrichies à 25% en deutérium. La quantité d’eau lourde étant à présent plus conséquente, on peut l’isoler en réalisant une distillation fractionnée.
Cette méthode est utilisée au Canada et aux États-Unis. En France, des méthodes similaires basées sur les échanges entre ammoniac et dihydrogène (NH3-H2) ont été exploitées quelques temps pour produire de l’eau lourde.




Le CEA ( lien web ) a étudié les différents procédés de production d'eau lourde en lien avec l'industrie privée. Quatre de ces procédés ont été essayés dans des installations pilotes : électrolyse et distillation de l'eau, distillation de l'hydrogène liquide, échange isotopique H2O-H2S, échange isotopique NH3-H2.
La plus grande partie de l'eau lourde en France a été importée de Norvège et des États-Unis (selon certaines sources). Les réacteurs civils mis en service en France avant 1967 auraient demandé 150 t d'eau lourde au maximum. De l'eau lourde serait stockée à Saclay et à Cadarache (?).
Actuellement, ce sont surtout les Canadiens qui développent les réacteurs à eau lourde :

L’Inde est le second producteur d’eau lourde du monde, et l’Argentine est un producteur déclaré d’eau lourde (ils utilisent la technologie Sulzer), citons également, la Roumanie, Israël, le Pakistan, l'Iran et la Corée du Nord, pour ne citer que ceux connus ou soupçonnés d'avoir mené leur programme au but.

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L'eau superlourde T2O ou 3H2O (et l'eau tritiée HTO ou 1H3HO) ou oxyde de tritium (plus rarement appelée oxyde de ditritium), a été découverte en 1930, elle est formée d'un atome d'oxygène et de deux atomes de tritium, qui est un isotope de l'hydrogène. Le tritium étant lui-même un radioisotope de période 12,32 années, l'eau pure est très fortement radioactive, et c'est une substance fortement corrosive du fait de la radiolyse.

L'eau tritiée peut désigner des substances très différentes suivant la concentration en tritium, qui peut varier sur une échelle allant de 1 à 1015. Dans le contexte de l'environnement, ce que l'on désigne par « eau tritiée » est de l'eau contaminée au tritium, à des taux de dilution inférieurs à 10-12.

Données comparatives de T2O avec l'eau "classique" H2O :
Caractéristiques 
H2O
T2O
Masse molaire (g/mole)
18,0153
22,0315
Point d'ébullition (°C /1 atm)
99,995
101,51
Point de congélation (°C /1 atm)
0,00
4,48

Sous forme pure, T2O est extrêmement radioactif et corrosif, avec une activité massique de 97 TBq/g. C'est une substance fortement corrosive du fait de la radiolyse (décomposition de la matière par des rayonnements ionisants).

Sous forme diluée, dès que la proportion de tritium devient minoritaire, l'eau tritiée est constituée majoritairement d'eau normale H2O, et de plus ou moins d'hydroxyde de tritium de formule HTO (3HOH). L'hydroxyde de tritium ne peut pas exister à l'état pur, à cause des échanges atomiques au sein de la solution. Ceux-ci conduisent à des échanges entre H2O, HTO et T2O, et maintiennent des traces de T2O, d'autant plus minoritaires que la proportion de tritium est faible. L'activité massique de l'eau tritiée HTO (supposée pure) est de 54.1 TBq/g (54100 TBq/L).
L'eau tritiée entre dans la catégorie « de faible activité spécifique » LSA-II pour le transport des matières dangereuse4 quand son activité est inférieure à 0.8 TBq/l (20.0 Ci/l). C'est l'ordre de grandeur des effluents tritiés. L'eau tritiée « de faible activité » à 20 Ci/l contient 15 mg de HTO par litre d'eau (15 parties par million). Cette « grande dilution » présente néanmoins une activité de 0,74 TBq·L-1 : c'est une puissance suffisante pour élever la température de l'eau d'un demi degré en moins d'une heure !.
Le facteur de dose pour l'eau tritiée étant de 1,8×10-11 Sv/Bq, une eau chargée à 0,8×1012 Bq/L présente donc une radiotoxicité de 14,4 sievert par litre : à ce taux de dilution l'eau tritiée reste une substance dangereuse, dont il suffit de consommer accidentellement quelques centimètres cubes (un petit verre) pour s'exposer à une dose efficace de un sievert, ordre de grandeur qui met objectivement en danger la santé.
De l'eau tritiée à 0.34% (185 TBq/L, soit 5000 Ci/L) est commercialisée en petite quantité et utilisée dans les sciences du vivant. Les effluents qui résultent de ces expériences sont fortement polluants. À cette concentration, une goutte d'eau tritiée (de l'ordre de 1 mm3) a une activité de 185 MBq, ce qui suffit largement à rendre non potable une dizaine de mètres cubes d'eau...

Eau contaminée au tritium.
L'eau fortement contaminée au tritium peut avoir une activité supérieure au kilo-Becquerel par litre (kBq/L). Une telle eau n'est pas très toxique, mais est « non potable ».
Les recommandations de l’OMS sur les critères de potabilité de l’eau de boisson sont que la dose reçue du fait de la présence d’un radionucléide dans l’eau de boisson ne dépasse pas 0,1 mSv/an. Cette dose pourrait être atteinte chez l’adulte par la consommation quotidienne de deux litres d’eau tritiée à hauteur de 7,8 kBq/L (valeur guide de l’OMS pour ce radioélément).
La réglementation française retient la limite de 10 kBq/L (soit 10 MBq/m3) comme seuil de potabilité. En dessous de ces concentrations, qui atteignent l'ordre de grandeur des concentrations naturelles, il est plus correct de parler de « traces de tritium dans l'eau ».

Applications.
L'eau tritiée (à 0,34 % - 185 TBq/L, soit 5000 Ci/L -) est parfois employée dans le domaine des sciences du vivant comme traceur pour des études sur le cycle biologique de l'eau. En outre, le tritium injecté par les essais nucléaires atmosphériques se retrouve en quantité infinitésimale sous forme d'eau tritiée dans l'hydrosphère et la biosphère, dont le pic permet de dater des choses variées ayant été exposées à l'atmosphère de la fin du XXe siècle, comme l'âge des crus viticoles ou celui des masses océaniques.
L'eau tritiée (à de très fortes dilutions) peut être employée pour mesurer le volume total d'eau dans un corps. En effet, l'eau tritiée se comporte comme de l'eau normale dans le domaine biologique, et se répartit relativement rapidement dans tous les compartiments du corps. Après atteinte de l'équilibre, la concentration d'eau tritiée dans les urines correspond à celle dans l'ensemble du corps.
Connaissant la quantité initialement ingérée et cette concentration finale, il est facile de calculer le volume d'eau correspondant :


(ou utilisation de votre navigateur)








Eau isotopique.
Nom générique des eaux avec des isotopes de l'hydrogène ou de l'oxygène :
L'hydrogène à proprement parler a par exemple un noyau constitué d'un seul proton. Le deutérium (D) a un noyau avec un proton ET un neutron, tandis que le tritium a un noyau constitué d'un proton ETdeux neutrons.
Le deutérium et le tritium sont aussi de l'hydrogène puisqu'ils n'ont qu'un seul proton.
Ce sont des isotopes : ils appartiennent au même élément, mais n'ont pas le même nombre de neutrons.
Comme ils appartiennent au même élément, ils ont strictement les mêmes propriétés chimiques.
Deux atomes de deutérium (ou de tritium) peuvent donc très bien former, avec un atome d'oxygène, une molécule d'eau. Comme les atomes d'hydrogène de cette molécule sont tout de même plus lourds que les atomes normaux, l'eau ainsi constituée sera légèrement plus lourde que de l'eau normale. On l'appelle d'ailleurs l'eau lourde. En temps normal, l'eau naturelle comporte une toute petite part d'eau lourde.
(> vers lien interne pour l'eau lourde).



(raccourcis)





Eau de Cologne.

Solution alcoolique d'essences parfumantes (contenant généralement 4 à 6 % d'essences).
créée à Cologne (Köln, Allemagne) au 18ème siècle, par un parfumeur d'origine italienne, Jean Marie Farina (1685-1766).

Un autre grand parfumeur a été Jean Marie Joseph Farina (1785-1864), arrère-petit-neveu du premier, fondateur, en 1806, de la maison Jean-Marie Farina, rue St-Honoré, Paris, reprise par Roger & Gallet en 1862. Ces derniers sont détenteurs des droits sur Eau de Cologne extra vieille (alors que le produit original se nomme Original Eau de Cologne). Elle a reçu l'approbation de la commission des remèdes secrets, le 18 août 1810.

Composition :
L'eau de Cologne est un hydrolat* (ou eau de distillation) additionné d'eau-de-vie.
Celle de Farina se compose de mélisse sèche, ou de marjolaine, de thym, de romarin, d'hysope, d'absinthe, de lavande, de racines d'angélique, de cardamome, de baies de genièvre, de semences d'anis, de carvi, de fenouil, de cannelle, de muscades, de girofles, d'écorces de citrons, d'huile volatile de bergamote et d'eau-de-vie.

Aujourd’hui en parfumerie, il est courant de faire la distinction entre eaux de Parfum, eaux de Toilette et eaux de Cologne.
Ces désignations font référence à leur concentration en essences :

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*extrait de plante, aromatique ou non, obtenu par entraînement à la vapeur. Les eaux florales, obtenues à partir des fleurs, font partie des hydrolats.






(raccourcis)






Eau dans le sol.
L'eau libre (eau de gravité, eau vadose ).
Cette eau se déplace par gravité dans les vides de taille > 10µm ce qui permet de ré-humecter le sol et de réalimenter la nappe profonde. La capacité au champ est la somme de l'eau capillaire et de l'eau liée donc des vides < 10 µm formant la réserve utile pour les plantes.

L'eau d'imbibition ( inter réticulaire ).
Ce sont toutes les molécules d'eau qui sont fixer entre les cristaux, les feuillets de certains minéraux comme les phyllites et les argiles ( ex : les smectites ====> argiles gonflantes ).

L'eau d'hydratation ou liée (d'absorption ).
C'est celle directement adsorbée à la surface des solides et sur les molécules chargées. Il s'agit de l'eau qui est fixée par attraction moléculaire sur les particules du sol. Elle est d'autant plus importante en volume que les particules sont fines. Elle reste toutefois toujours difficilement absorbable par les plantes.

L' eau capillaire.
C'est une eau qui est susceptible de remonter par capillarité donc de se déplacer vers le haut. Valeur optimale pour des vides de taille de 5 à 6 µm. L'arrêt de la capillarité s'observe pour des vides supérieur à 10 µm. Cette eau est essentiel pour la végétation lorsque l'eau superficiel est pompée (surtout pour la végétation sur tuffeau).

(raccourcis)






Eau de ballast.
Remarque préléminaire : le ballast est un réservoir d'eau de grande contenance équipant certains navires (mais également les sous-marins). Il est destiné à être rempli ou vidangé d'eau de mer, afin d'optimiser la navigation. L'opération de vidange, ou déballastage, effectuée dans de mauvaises conditions peut poser des problèmes écologiques.
Ainsi, le déballastage en mer, dans les ports marins ou d'eau douce pose des problèmes pour la biodiversité, car c'est un puissant facteur de dispersion d'espèces exotiques dont certaines pourraient devenir des espèces invasives.

Conséquences pour l'environnement du ballastage.
L'Organisation maritime internationale (OMI ou IMO en anglais) a évalué que pour la seule année 2004, ce sont environ 10 milliards de mètres cubes d'eau qui ont été transportés par les 45 000 navires de commerce mondiaux dans leurs ballasts.
L'un des problèmes actuels inhérents au ballastage et au déballastage est que l'eau de mer est pompée à un endroit du globe (zone de déchargement de cargaison), et généralement vidangée à un autre (zone de chargement). L'eau de mer contient des particules solides boueuses et des particules vivantes animales ou végétales, ces éléments peuvent être toujours vivants lors du rejet. Ils peuvent alors se retrouver dans un écosystème différent auquel ils peuvent nuire. La réglementation actuelle tend à obliger les navires à avoir un plan de gestion des eaux de ballast ce, afin d'éviter de déséquilibrer un écosystème par le transport éventuel d'espèces invasives.

Une Convention internationale pour la gestion des eaux de ballast (lien wkp), a été proposée en 2004 par l'OMI, concernant des procédures minimales de renouvellement de ballast, et de standardisation des équipements de vidange des ballasts. Mais elle n'entre en vigueur que 12 mois après ratification par 30 États au moins, devant représenter 35 % du tonnage brut mondial. Or, 6 ans plus tard, début 2010, seuls 22 pays (qui transportent 22,65 % du tonnage de fret mondial maritime) l'avaient ratifiée.
L'OMI a donc lors de sa 60e réunion voté une résolution appelant les États à ratifier cette convention et à rapidement faire installer des systèmes d'administration d'eau de lest pour les nouveaux navires, conformément aux dates d'application contenues dans la Convention (entre 2009 et 2016).
A noter que depuis septembre 2017, la Convention des eaux de ballaste, est (enfin !) entrée en vigueur : les bateaux neufs devtont obligatoirement dépolluer les eaux de ballast; les autres devront rejetter ces eaux à plus de 300 km des côtes et à plus de 2000 m de profondeur (unanimité des 74 États présents).

Donc les navires devront, conformément à la règlementation, échanger, lorsqu'ils se trouvent en haute mer, l'eau des ballasts. L'échange doit se faire si possible par grande profondeur (> 2 000 m), de jour et le plus loin possible du littoral. Afin de pallier des problèmes d'efforts structurels et/ou de stabilité, deux possibilités sont offertes pour le remplacement des eaux de ballasts :

  1. Vidanger la totalité puis remplir,
  2. Sans procéder à la vidange, continuer le remplissage en laissant le trop plein sortir par les dégagements d'air, il faut dans ce cas refouler trois fois le volume du ballast (cette méthode est plus longue mais permet de ne pas modifier les critères de stabilité).

Ces échanges doivent être mentionnés dans un registre.

Les autres traitements existants (2017) sont les suivants :

Lors d'un déballastage, l'eau rejetée a souvent une couleur rouille en raison des boues qui se déposent dans le fond des ballasts au fur et à mesure des mouvements de remplissage/vidange.
Nota : certains navires citerne anciens, moins pourvus en capacités de ballasts utilisent une partie de leurs cuves de cargaison pour le ballastage ; avant de le faire, ces cuves doivent être nettoyées, mais il arrive que des équipages de pétroliers peu scrupuleux rejettent à la mer une eau fortement contaminée en hydrocarbures, ce phénomène extrêmement polluant est souvent désigné dans la presse sous le terme (impropre) de dégazage.

>>> voir aussi : Technologies de gestion des eaux de ballast (BWM).

(sources : Wikipedia / Sciences et Avenir).

(raccourcis)