Le Billet de Pierr'eau

Le climat...toujours en question !
Les experts du monde entier mettent les politiques
devant leurs responsabilités !

Le Groupe d’Experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat (GIEC) avait publié le 2 novembre un nouveau bilan de l’évolution climatique planétaire. Reposant sur quelque 30 000 études et 800 auteurs internationaux, cette cinquième évaluation, après celles de 1990, 1995, 2001 et 2007, est la plus complète et sonne comme un rappel à l’action urgent… « L’atmosphère et les océans se sont réchauffés, les quantités de neige et de glace ont diminué, le niveau de la mer a augmenté » résume ainsi Thomas Stocker, le vice-président du GIEC.
Concrètement, la concentration de gaz à effet de serre dans l’atmosphère n’a jamais été aussi élevée depuis 800 000 ans. En conséquence, la Terre se réchauffe, entre 1880 et 2012 la température moyenne y a augmenté de 0,85°C, une vitesse inédite. Quant aux océans, leur température s’est élevée de près de 0,5°C entre 1971 et 2010, tandis qu’ils s’élevaient de 19 cm entre 1901 et 2010.


Face aux discours des politiciens « langue de bois », les experts du GIEC opposent une nouvelle fois un calendrier de réduction des émissions de gaz à effet de serre, avec une chute de 40 à 70 % d’ici 2050, et une disparition totale à l’horizon 2100. Des objectifs qui impliquent de tourner le dos aux énergies fossiles très rapidement et qui ne compromettent quasiment pas la sacro-sainte croissance mondiale avec, selon une estimation du GIEC, une baisse annuelle de 0,06 point du taux de croissance mondiale.
La publication de ce cinquième rapport va servir de base scientifique lors des prochaines négociations sur le climat, à Lima (Pérou). Cette échéance sera l’occasion de constater si les dirigeants de la planète s’approprient enfin le message lancé, par des centaines de scientifiques de multiples nationalités, depuis près d’un quart de siècle…

La 24e Conférence sur le climat se tiendra en Pologne du 2 au 14 décembre 2018.

En préambule, un rapport des Nations unies appelle les États à tripler leurs efforts en matière de lutte contre le réchauffement climatique.

Limiter les émissions de CO2 pourrait ne pas être suffisant à éviter la surchauffe.

Des chercheurs étudient des solutions de stockage du CO2 et plus largement, de géoingénierie.

Des chercheurs estiment que nos chances de limiter le réchauffement climatique à 2 °C ne sont que de 5 % : c'est à dire que nous avons 95% que cet événement se produise !
Cette équipe de scientifiques, basée aux États-Unis, a utilisé des projections de croissance de la population pour estimer la production future et les émissions de carbone (gaz à effet de serre) dues à l'utilisation d'énergies fossiles qu'elle entraîne. Sur la base de ces données, « l'augmentation de la température est probablement de 2 à 4,9 °C, avec une valeur médiane de 3,2 °C !

Selon les Nations unies, la population mondiale va grimper d'environ 7,5 milliards de personnes actuellement à 11,2 milliards d'ici 2100, augmentant encore la pression sur les ressources énergétiques.

Comme l'a déclaré Michel Jarraud, secrétaire général de l’Organisation Météorologique Mondiale (OMM),
«
Dans trente ans, les gouvernements et les décideurs, à tous les niveaux, pourront être tenus pour responsables des décisions qui ne seraient pas prises maintenant, car la connaissance est là. Nous savons. Nous n’avons plus d’excuses pour ne pas agir. »


Citations :
« Quand cessera-t-on de penser qu'on peut fabriquer des citoyens de demain, en éduquant les enfants avec de simples slogans, sans rien modifier à l'environnement pestilentiel dans lequel ils évoluent ? » [Taslima Nasreen].
Sources (web) : Sciences & Avenir, Evene (citations)