Le Billet de Pierr'eau

La sécurité alimentaire...en question !

Le scandale sanitaire des laits infantiles contaminés à la salmonelle fait éclater au grand jour toutes les anomalies présentes dans les dispositifs de sécurité alimentaire.
Le ministre de l'économie, Bruno Le Maire, a qualifié la situation de « grave », ayant « donné lieu à des dysfonctionnements inacceptables qui devront être sanctionnés ».
Il a expliqué que les 2 500 contrôles menés depuis le 26 décembre - soit après la date de retrait des produits concernés - par les services de la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) avaient montré que 91 établissements « détenaient des boîtes qu’ils auraient dû retirer : 30 grandes surfaces, 44 pharmacies, 2 crèches, 12 hôpitaux et 3 grossistes. Des boîtes qui ont été immédiatement retirées ». Le ministre a annoncé qu’une nouvelle vague d’enquêtes serait menée dans 2 500 établissements dès la semaine prochaine par les services de la DGCCRF.
Le gouvernement a dû « se substituer à une entreprise défaillante » en prenant un arrêté, le 9 décembre, pour suspendre et rappeler plus de 600 lots de laits infantiles, a souligné M. Le Maire. Une décision nécessaire, « faute de réponses suffisantes de la part du groupe Lactalis » et « d’accord sur le volume des lots à retirer et sur la date de production des lots » lors d’un entretien avec le groupe, le même jour.
Par ailleurs, plusieurs distributeurs ont reconnu, mercredi, avoir découvert des failles dans leur dispositif de retrait des laits infantiles fabriqués par Lactalis. Chez Carrefour, pour lequel l’usine fabriquait aussi sa marque de distributeur, 434 produits ont été vendus après le rappel, 52 chez Auchan dans 28 magasins, 384 chez Système U, 352 produits retrouvés dans les hypermarchés Géant, les supermarchés Casino et les magasins de proximité, 11 dans les Franprix...!
Les circuits logistiques d’approvisionnement des distributeurs, comme les systèmes d’alerte de leurs magasins, semblent avoir également prouvé leur inefficacité.

Lait aux salmonelles, graines germées tueuses, chevaux de laboratoire en boucherie et lasagnes à la viande de cheval, poulet à la dioxine (1999), Ikea et matière fécale, huile de colza frelaté, fipronil dans les œufs… les crises sanitaires, aux conséquences plus ou moins dramatiques, illustrent la relative sécurité du circuit alimentaire actuel.

Un constat qui se répète depuis la montée en puissance du modèle agroalimentaire intensif, avec un scénario récurrent : un produit, qui n’aurait pas dû être là, se retrouve dans les assiettes des consommateurs.
Pour les citoyens, les répercussions de ces épisodes ne sont pas forcément dangereuses pour leur santé, mais elles font monter la défiance du grand public face au discours des industriels et de l’agrobusiness et montrent la complexité du circuit alimentaire. Les enquêtes achoppent d’ailleurs souvent sur l’opacité de la traçabilité des aliments.

Tout cela pourquoi : toujours plus de profit !

Les acteurs de mai/juin 1968, qui dénonçaient il y a bientôt cinquante ans la "société de consommation et de profit" étaient, malheureusement, dans le vrai...


Citations :
"Le commerce est l’école de la tromperie.", Vauvenargues;
"S'il faut toujours dire la vérité à la clientèle, il n'y a pas de commerce possible.", Marcel Pagnol;
"S'il est vrai que le commerce fait la richesse d'une nation, la rapacité des marchands peut aussi, en certaines circonstances, causer sa ruine.", Gaëtane de Montreuil.


Sources (sites web) : Le Monde, Evene (citations).